Vendredi 14 septembre 2007
De: "L@ LETTRE"
Date: 29 août 2007 10:59:49 GMT+02:00
À: info@lamaisondesartistes.fr
Objet: MISE AU POINT FLANDRE/BERRYER/ARTISTE CONTEMPORAIN



"Il semble qu'une confusion existe, tout au moins pour certains artistes, entre les cotisations sociales aux services administratifs de sécurité sociale, la cotisation à l'association La Maison des Artistes et l'inscription à la banque de données www.artistecontemporain.org.

Les artistes identifiés auprès de nos services administratifs de sécurité sociale (avenue de Flandre) peuvent, s'ils le souhaitent, devenir membre de l'association La Maison des Artistes (rue Berryer) moyennant une cotisation annuelle. Ils reçoivent alors une carte de membre de l'association.

Les artistes membres de l'association peuvent figurer dans la banque de donnée "Artiste contemporain" moyennant une cotisation définitive de 15 euros toujours à l'association La Maison des Artistes rue Berryer. Un code d'accès personnel est alors attribué pour la gestion de leur fiche personnelle."

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par Le groupe de réflexion publié dans : Tout savoir sur la MDA
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Jeudi 19 juillet 2007
Source : 

http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=740




CQFD 26.N°026


COURRIER DES LECTEURS

JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF MON CONTROLEUR RMI

Mis à jour le :15 septembre 2005. Auteur : Denis C..

Rendez-vous au « pôle insertion ». Il faut sonner. Une jeune fille vient m’ouvrir. Ensuite, une femme, la cinquantaine, me fait entrer dans une longue pièce avec une table ovale. La vieille : « Nous sommes les contrôleurs RMI du conseil général. Pouvez-vous nous dire depuis combien de temps vous êtes au RMI ?  » Moi : « Depuis 1996. » C’est vrai, je pousse un peu. Non, la société, plutôt, dit que je pousse un peu. Mais il ne m’apparaît pas, à moi, que ce soit énorme au regard du taux de chômage général. Je suis en bonne santé, assez enjoué, c’est peut-être là que le bât blesse. La société ne compte pas les gens en bonne santé et épanouis dans ses statistiques. Elle ne prend jamais en compte les amoureux, ni la vitalité intellectuelle ou artistique. La société ne reconnaît que ce qui a déjà été reconnu.

« Vous n’êtes pas sans savoir que pour être bénéficiaire du RMI, vous vous devez d’avoir un contrat d’insertion.  » Là, je suis calme, un peu inquiet, mais calme. Je dis : « Comme je vous l’ai écrit dans ma lettre avant d’être convoqué, j’ai signé un contrat d’insertion en 2001, j’ai voulu en signer un en 2002, il a été refusé. Depuis, j’ai un peu abandonné. » La jeunette regarde le papier : « Oui, c’est écrit en effet. » La vieille fait semblant de jeter un coup d’oeil sur le papier, elle me scrute droit dans les yeux. Elle est rompue à cet exercice :
« - Et alors, vous faites quoi ?

-  Eh bien, je travaille avec un collectif de performeurs.
 »
J’ai l’air désolé, c’est sûr. Je ne dis pas que ce collectif est subventionné par le conseil général principalement. Je ne dis pas que j’ai fait des spectacles à la Villette pour le Forum social européen, ni que j’ai performé aux Blancs-Manteaux à Paris, ni à la Friche, ni à Berlin, ni à Villeurbanne.
« - Oui, quoi qu’il en soit le conseil général ne peut pas continuer à financer votre passion.

-  Mais ce n’est pas ma passion - qu’est-ce qu’elle me fait pas dire là ! - c’est mon travail, c’est ma vie.

-  Oui, oui, bien sûr. Mais le conseil général vous donne de l’argent, vous lui devez une contrepartie, c’est normal. Vous devez vous insérer, donc trouver un emploi.
 »
Je me sens coincé. Je veux dire, coincé par son discours rodé, fermé,imparable et menaçant,je ne peux pas discuter, ce n’est pas le lieu pour parler de ce que l’on doit ou non au conseil général, à la société ou à la République. Alors je m’aggrave : « Je pourrais faire garçon de café ! » La jeune, avec de grands yeux compréhensifs : « Exactement ! » La vieille approuve, oui, oui, garçon de café, ça lui paraît bien, au moins c’est un métier.
«  Vous faites ce que vous voulez, tant que vous travaillez, que vous sortez du dispositif RMI.

-  Oui, ou je pourrais me suicider.
 »

La vieille pense que je fais du cinéma, la jeune répond qu’il ne faut pas dire ça. Moi je pousse un peu, je m’énerve parce que je ne trouve pas la porte de sortie, parce que je n’ai pas la présence d’esprit de parler des associations bloquées par les dernières directives de droite, sur les problèmes qu’elles rencontrent pour créer des emplois aidés. Je ne peux pas non plus leur faire comprendre que le suicide, c’est peut-être d’être garçon de café, un suicide subalterne, certes, celui de l’esprit. Mais la société, finalement, n’a que faire des esprits qui s’éteignent. Si elle me parle encore de ma passion,je l’étrangle. Et elle m’en parle effectivement, et je me retiens. « Vous comprenez, dit la vieille, le conseil général ne peut pas continuer à financer votre passion. On vous donne de l’argent, vous devez une contrepartie, c’est normal. » C’est un robot, un truc comme ça, c’est possible maintenant avec nos technologies, on fait des répliquants très avancés. « Le conseil général ne peut pas continuer à financer le lancement de votre carrière hypothétique. » En substance, elle dit : moi je suis très tolérante, vous savez, mais je me casse le cul à faire un boulot à la con, je me lève tous les matins pour gagner trois sous, alors, vous, mon bon monsieur, vous comprenez bien qu’il faut que vous vous fassiez chier comme moi, si vous voulez gagner votre argent ! Il n’y a pas de raison !

Je ne suis qu’un parasite pour elle, mais son boulot d’inspectrice du RMI, elle me le doit, en fin de compte. Il y a toutes ces administrations qui vivent sur le dos de la misère. Et puis l’argent que le conseil général me verse si généreusement. Ces 345,03 euros, je les dépense chez nos commerçants de la patrie qui payent des impôts et qui achètent des home-vidéo. Ces 345,03 euros, ils servent à quoi en réalité ? Ils achètent la paix sociale, ils calment le jeu. Alors,je m’énerve vraiment,je repense à cette convocation par lettre recommandée, je pense à cette tête de flic : contrôle, surveillance, pression. Je lui dis qu’elle ne me laisse pas finir, qu’elle ne m’a pas laissé finir, je sors ma dernière carte, biaisée.
« - Vous ne m’avez pas laissé finir, vous m’interrompez à chaque fois.

-  Allez-y, alors, continuez !

-  Merci. Voilà,je comptais aller voir mon assistante sociale pour signer un contrat d’insertion, et puis je voulais m’inscrire à l’Anpe des intermittents en tant que cadreur et monteur vidéo.

-  Ah là, oui, là, c’est un projet dans le réel, oui. Voici un papier, vous le ferez remplir à l’Anpe et vous nous l’envoyez dans le mois, sinon, le retard peut vous occasionner des problèmes.
 »
Je lui dis au revoir et bon courage, avec mon papier à la con dans les mains et ses menaces au-dessus de la tête.

Article publié dans le n°26 de CQFD, septembre 2005.


Réactions :

JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF MON CONTROLEUR RMI
fleur | 25 février 2007 | 

...Dans la même situation, un RdV semblable au pôle insertion à Marseille...c’est vrai que quand sa raison de vivre ayant valu 5 ans d’études et des dizaines d’années de travail est qualifiée de "loisir", on se trouve tout con. Comme si c’était pas suffisant de vivre sous le seuil de pauvreté et de bosser gratuitement à faire vivre cette pauvre culture...Des mucisiens font un concert ? Ils sont payés. Un plasticien monte une expo ? Rien, que dalle, la gloire, les compliments et les "bons plans" foireux, tout le monde me conseille sa petite association dynamique qui en fait galère autant que moi et autant que tous les acteurs de la culture, la vraie, celle qui se fait un point d’honneur à être un tantinet plus exigeante sur le fond et sur la forme que les loisirs. Assez révélateur de voir que le suicide je ne suis pas la seule à y penser. J’ai même penser à envoyer une lettre aux médias avant pour que ça serve à quelque chose, mais comment faire confiance ? Ca passerait à la trappe, je ne serait rien d’autre qu’une "marginale", une "inadaptée" de plus, quelques lignes à la rubrique "faits divers", pas de quoi fouetter un chat, une profiteuse de moins.... Je ne sais pas quoi faire, quelque soit la direction où je porte le regard je ne vois que compromission (m’adapter au système et y participer, sans autres qualifications que mes qualifications artistiques) ou exclusion : à la rue. Au lieu de peindre je fouille sur internet...du travail, du travail je veux travailler mais pitié, pas être sous-employée. Je fais des vacations, je suis prof en LP mais pas assez d’heures pour ne plus être rmiste. Hier on m’appellait pour me dire que je n’étais pas retenue au dernier entretien pour lequel j’ai postulé...je commence à avoir l’habitude...même pour les contrats aidés à 20 ou 26 heures/ semaine payés au smic horaire on nous demande des CV, formation et expérience de fous ! Avoir la prétention de vouloir aimer son travail...aujourd’hui on nous prend pour des doux rêveurs...caissière, serveuse, voilà les secteurs qui emploient ! J’ai fais ça avec bonne volonté quand j’avais 17 ans, 18, 19, 20, 21 ans pour payer mes études, je le supportais en me disant que c’était temporaire...mais envisager ça en tant que carrière professionnelle...vous savez quand on fait un travail pareil on perd tout ce qu’on s’est donné tant de mal à apprendre...la régression, je l’ai vécue...mais le pire, c’est qu’on en est conscient et observateur de sa propre déchéance...j’ai fait de l’interim pendant 1 ans...le suicide tous les soirs j’y pensais je ne sais pas pourquoi je n’arrivais pas à me concentrer sur d’autres idées avant de m’endormir pour recommencer le lendemain...plus jamais ça ! 2 fois admissible au CAPES...au pôle insertion ils s’en fichent aussi des concours qu’on peut tenter et du travail que ça demande ! On doit être rentable, ou au moins sortir des statistiques, et vite ! Je ne sais pas quoi faire, je ne peux pas changer ce que je suis sans finir désespérée, je sais bien que les braves gens s’en fichent d’un désespéré de plus ou de moins mais je reste convaincue que ce n’est pas à moi de m’adapter à la société mais à la sociéte de m’accepter telle que je suis, car qu’elle le veuille ou non j’en fais partie intégrante, et je suis NORMALE, car des artistes il y en a toujours eu et il y en aura toujours, il y a des gens qui sont comme ça et personne ne pourra le changer, ça ne sert à rien de nous rendre malheureux. J’ai des compétences, je suis pédagogue et technicienne et spécialiste de l’image (et on en aurait besoin, pourtant, de l’initiation à l’image !), je prie pour que la gauche passe en 2007 et rétablisse enfin une éducation digne de ce nom avec sa part d’enseignement artistique et une place pour moi dans cette société. JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF... MOI ?
Lorientis | 3 décembre 2006 |
Dans la Même situation que Denis C, j’ai été presque dans l’obligation de signer un Contrat d’Avenir ; je dis presque car cela était juste une question de temps...On ne me lachait plus, RDV sur RDV, questions et requestions sur mon avenir, mon travail artistique passé au rang de LOISIR, oui de LOISIR...Déprime en poche, j’ai signé pour 6 mois, 768 €, mais on ne me fout pas la paix pour autant...non...Faut que je justifie d’une recherche active d’emploi ou de formation...questions et requestions...Pas un mot sur mes... LOISIRS...Puisque passé au rang de LOISIR un travail artistique de ma part n’a plus aucune porté pour justifié d’une insertion improbable...Quant à l’AVENIR... JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF MON CONTROLEUR RMI
| 17 septembre 2006 |

"Je ne peux pas non plus leur faire comprendre que le suicide, c’est peut-être d’être garçon de café, un suicide subalterne, certes, celui de l’esprit. Mais la société, finalement, n’a que faire des esprits qui s’éteignent. Si elle me parle encore de ma passion,je l’étrangle"

Bonjour... Comment dire... Ouf ? Oui, ouf, je ne suis pas seule à présent j’en suis sûre, à ne plus tenir le cap quand on me suggère de mettre "ma passion" de côté.... cela faisait trois ans que j’étais caissière, avec des études en chant à côté... j’ai failli y passer, au suicide... La société en effet se fiche bien des esprits qui s’éteignent... Alors je vais la rallumer, moi, la société, j’ai repris mes études, et j’emmerde mes parents qui me disent de payer seule mon école de chant en Suisse, ou du moins qu’il me faudra travailler derrière une caisse ou avec un autre boulot à la con pour me l’a payer... J’y arriverai, oui, j’y arriverai... à ma façon... Et un jour je rallumerai toutes les lumières éteintes...

JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF MON CONTROLEUR RMI
revolution sound records | 9 avril 2006 |
Pour , malheureusement rire de cette catastrophique situation je ne peu que vous conseiller le livre plus qu’ ironique " les aventuriers du RMI" de jerome akinora edition l’ insomniaque... > JE SUIS ARTISTE, TOUT LE MONDE S’EN FOUT SAUF MON CONTROLEUR RMI
cedrik pas anti anto ogm ! juste cherche a pas tout diabolisé | 13 décembre 2005 |
merci la droite merci a ceux qui ne votent pas ... certains disent que droite ou gauche c’est pareil !! je pense que beaucoup devraient juste un peu observer ce que font les differrents gouvernements...
par Le groupe de réflexion publié dans : Artistes Ici & Ailleurs
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Jeudi 19 juillet 2007
par Vincent Josse
du lundi au vendredi de 7h53 à 8h
titre

http://www.franceculture.com/franceinter/chro/espritcritique/index.php?id=56287

Vous pouvez ré-écouter l'émission du mardi 29 mai 2007.
par Le groupe de réflexion publié dans : Veille Politique
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Jeudi 19 juillet 2007
 

La 52e Biennale d'art contemporain de Venise met l'Afrique à l'honneur

LE MONDE | 11.06.07 | 14h03  •  Mis à jour le 11.06.07 | 14h03

Le photographe malien Malick Sidibé, lors de la remise du Lion d'or de la 52e Biennale d'art contemporain de Venise, le 10 juin 2007. | AFP/SEBASTIANO CASELLATI

Le photographe malien Malick Sidibé, lors de la remise du Lion d'or de la 52e Biennale d'art contemporain de Venise, le 10 juin 2007.

AFP/SEBASTIANO CASELLATI
 

VENISE ENVOYÉ SPÉCIAL OAS_AD('Frame1');
Le Lion d'or de la 52e Biennale d'art contemporain de Venise a été remis, dimanche 10 juin, au photographe malien Malick Sidibé, pour l'ensemble de son oeuvre. Un prix mérité doublé d'une volonté de Robert Storr, directeur artistique de la Biennale, de mettre en valeur les artistes du continent africain. Il le fait en exposant Sidibé dans sa sélection internationale, en compagnie d'autres créateurs comme le duo Eyoum Ngangué (camerounais, né en 1967) et Faustin Titi (ivoirien, né en 1971), auteurs d'une étonnante bande dessinée, Une éternité à Tanger (éd. Africa Comix, 2003).

 

Il l'affirme aussi en créant un Pavillon africain, dont le commissariat a été confié à la fondation Sindika Dokolo. Né en 1972, à Kinshasa (République démocratique du Congo), Sindika Dokolo a réuni une importante collection d'art contemporain, mais fait l'objet d'une polémique, après la publication, le 23 février, dans la revue virtuelle Artnet d'un article intitulé "Art et corruption à Venise", qui faisait état de la manière, jugée plutôt leste, dont il avait constitué sa fortune. Après s'être attiré un droit de réponse de l'intéressé, Artnet (18 mai) ajoutait de nouveaux éléments, dont la décision de l'artiste Barthelemy Toguo de ne pas participer à l'exposition.

Quoi qu'il en soit, cette sélection africaine est bien stimulante. Même si les raisons de la présence d'Andy Warhol (un portrait de Mohamed Ali) peuvent laisser songeur, on apprécie de voir la Skyline de Manhattan recréée par Mounir Fatmi avec des haut-parleurs ou le spectaculaire duel aux pistolets de Yinka Shonibare.

Mais pour le critique Lino Polegato, éditeur de Flux News et commissaire d'un Pavillon tahitien nomade, le premier Pavillon africain est dans les rues de Venise. Ce sont les "Vucumpra", "Voulez-vous acheter ?" en dialecte vénitien, ces Africains qui survivent en vendant aux touristes des colifichets ou de faux sacs de luxe. Polegato a été témoin d'une manifestation de ces vendeurs à la sauvette, lassés d'être pourchassés par les autorités, devant la mairie de Venise, le 4 juin : "c'était bon enfant, avec des chants et des danses, et puis ça a dégénéré. Il y a eu plusieurs policiers blessés. J'ai suggéré aux "Vucumpra" de venir à la Biennale". Ils ne l'ont pas fait, et c'est bien dommage.

par Le groupe de réflexion publié dans : Artistes Ici & Ailleurs
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Jeudi 19 juillet 2007
Source : www.telerama.fr/scenes/M07070915542011.html
Débat


- Claudine Desmarteau

Les grands travaux d’Albanel

Dans l’effervescence des réformes, la ministre de la Culture reste discrète. Elle a pourtant du pain sur la planche : droits d’auteur, intermittents, scènes, enseignement… Visite des chantiers.

Le 18 mai dernier, Christine Albanel, patronne de l’Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles et ancienne ­plume de Jacques Chirac, est nommée ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de François Fillon. Nicolas Sarkozy, auquel revient la nomination, aurait pu faire un tout autre choix. Fusionner par exemple, comme cela avait été sérieusement envisagé, la Culture et l’Education nationale, au nom de la fameuse « rupture » promise, de la rationalisation de l’action gouvernementale et de la priorité donnée aux enseignements artistiques. D’ailleurs, avec Xavier Darcos, le président de la République avait sous la main l’homme de la situation. C’eût été une révolution. Et c’est précisément ce que nombre de professionnels des secteurs concernés – industrie du cinéma et spectacle vivant en tout premier lieu – ne voulaient voir se produire à aucun prix. Ils surent d’autant mieux convaincre le nouveau président et son entourage que la culture ne figurait pas dans leurs priorités, pas plus qu’elle n’aurait figuré dans celles d’une Ségolène Royal victorieuse.

Enfin, la Rue de Valois était sauvée, du moins comme ministère de plein exercice. Le même scénario s’est produit, lors de la constitution du gouvernement Fillon, avec l’Agriculture cette fois, également sauvée par des milieux professionnels hantés par leur trop prévisible déclin, mais encore très puissants. Quant à savoir si le seul maintien d’un ministère plein et entier suffit à transformer le réel, c’est une autre histoire. Avec cet épisode, un pas de plus est franchi dans le désenchantement ou la banalisation. Tout se passe aujourd’hui comme si ce ministère de la Culture au passé prestigieux pouvait disparaître du paysage. Le diagnostic est aujourd’hui connu, sinon rebattu. On citera pêle-mêle des champs d’intervention toujours plus éparpillés, la manie des projets pharaoniques et mal chiffrés, une méconnaissance orgueilleuse du poids et du rôle des industries culturelles, des marges de manœuvre budgétaires inexistantes, des institutions toujours plus voraces, un désintérêt constant à l’égard des nouveaux usages de la culture, des clientèles toujours plus nombreuses, un désengagement sournois de l’intervention publique, une administration sans moyens, une incapacité consternante à penser le rôle de l’Etat, au regard notamment de l’action de plus en plus importante des collectivités locales et territoriales…

A ce constat s’ajoute enfin la très préoccupante déculturation des ­élites françaises, aux yeux desquelles ni l’art ni la culture ne sont plus des signes de distinction désirables et donc imitables. Suivant les jours et les ministres, le ministère de la Culture tient du canard sans tête ou du mouton à cinq pattes. Il n’est pas la maison ouverte et bouillonnante qu’il devrait être et qu’il a été. Car il est juste de reconnaître ce qu’il a su réussir ou garantir depuis sa création en 1959 : un équipement culturel du territoire exceptionnel, un soutien à peu près constant à l’économie de secteurs fragiles, un espace symbolique garant de la démocratie, la préservation du droit des auteurs et la liberté de création. Toutes choses qui sont au demeurant en train de changer de place, soit à cause de la révolution numérique, soit à cause de l’individua­lisme de masse, soit à cause de la mondialisation des comportements et des échanges.

Quelques mots sur le prédécesseur de Christine Albanel, Renaud Donnedieu de Vabres. Au départ, c’est un homme chanceux. Nommé le 31 mars 2004, après la défaite de la droite aux élections régionales, il est accueilli avec une singulière faveur par les milieux culturels. Infiniment plus politique que son prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres se fait fort de dénouer dans les mois qui suivent l’inextricable problème de l’intermittence du spectacle et de l’audiovisuel qui avait culminé l’été précédent, avec notamment l’annulation du festival d’Avignon. On se souvient que Jean-Jacques Aillagon avait chuté sur cette affaire.

Trois ans plus tard, où en est-on ? Certes, le dossier de l’intermittence ne figure plus sur le devant de la scène et c’est une sorte de réussite politique ou plutôt politicienne. Est-ce à dire qu’il est réglé pour autant ? En dépit des accords du 26 juin 2003, supposés mettre un terme à la crise structurelle du secteur, l’intermittence reste une bombe à retardement et ce n’est pas l’instauration d’un fonds de soutien – d’abord provisoire puis permanent – mis en place en juin 2004 qui empêchera qu’elle n’explose un jour prochain. En réalité, l’échec de Renaud Donnedieu de Vabres, si échec il y a, vient de ce qu’il s’est imprudemment présenté comme le « ministre de l’emploi culturel » et n’a pas su résoudre la seule véritable question de l’emploi posée à son ministère. Rien ne dit qu’un autre que lui l’aurait fait. Mais lui avait bruyamment fait croire qu’il le pouvait.

Autres dossiers épineux auxquels il eut à se mesurer, les transformations du droit d’auteur introduites par l’usage d’Internet et la commercialisation à l’étranger des marques les plus prestigieuses de la culture française – tout particulièrement le projet du Louvre à Abou Dhabi. Dans un cas, le ministre d’alors a pour le moins manqué de l’expertise et de l’appui de son administration, incapable de porter techniquement ce genre de question ; dans l’autre, il a dû composer avec d’autres puissances que la sienne, à savoir l’Elysée, Matignon ou le Louvre direc­tement. Fraîchement rallié à Nicolas Sarkozy, le ministre de la Culture du gouvernement Villepin n’a pas été en mesure – en dépit d’une campagne médiatique probablement trop voyante – de conserver son poste. Il disparaît, comme Jean-Jacques Aillagon avait disparu avant lui, ­également victime d’une rotation ministérielle devenue en soi très problématique, alors que les changements à opérer sont considérables et qu’il y faudrait du temps et de la ténacité. Ces problèmes et quelques autres, Christine ­Albanel va donc les retrouver sur la table. A 52 ans, la nouvelle ministre pose le pied sur un champ de mines.
Le peu que l’on sait de cette Toulou­saine d’origine, agrégée de lettres, auteur de trois pièces de théâtre et d’un roman, fidèle parmi les fidèles de Jacques Chirac, dont elle fut la collaboratrice pendant dix-huit ans, annonce-t-il une politique ? Quelle ­vision de l’action publique, quel goût de la réforme aura pu développer cette femme qui a construit l’essentiel de sa carrière au cœur de l’appareil d’Etat, sous la protection exclusive d’un homme politique fort peu réformateur ? A la direction de l’Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles, où elle est nommée en 2003, Christine Albanel aura assumé les techniques de management et de marketing les plus modernes et le recours à des financements privés, quitte à brutaliser le corps des conservateurs et des historiens d’art. La recherche d’une certaine autonomie finan­cière des établissements culturels peut-elle constituer le futur fil rouge de la ministre ? Sans risquer le procès d’intention, on peut imaginer en tout cas une volonté plus affirmée d’intégration de la culture à la politique économique du gouvernement, une redistribution des tâches entre le secteur ­public et le secteur privé, et des rapprochements inédits avec les industries culturelles.

D’autres signes ? Pour l’instant, ils sont rares. Une entrée en fonction discrète, des prestations audio­visuelles sans grand éclat, de très très prudentes déclarations sur la question de l’intermittence ou de la gratuité, assez peu de sorties publiques et de contacts avec les professionnels, une constitution de cabinet relativement lente et laborieuse, c’est ce qui s’appelle prendre la température. A voir comment ses deux prédécesseurs prirent leurs fonctions, fringants, tonitruants, presque pétaradants, à voir surtout comment ils durent les quitter, dans une indifférence générale, peut-être Christine Albanel est-elle tout simplement une personne raisonnable.

Jusqu’à la fin de l’été, et avant que la ministre ne présente à la rentrée son projet de budget, Télérama rouvre pour elle les grands dossiers – grands chantiers auxquels il lui faudra bientôt s’atteler. Cet été, nous reviendrons donc sur les questions liées à l’emploi, les mutations du droit d’auteur, les transformations dans les arts de la scène, et les enseignements artistiques à l’école. Au travail !

Daniel Conrod
 
Télérama n° 3000 - 14 Juillet 2007
par Le groupe de réflexion publié dans : Veille Politique
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Jeudi 19 juillet 2007

 

Source :
http://fgimello.free.fr/recherche/sociologie_culture.htm

Frédéric GIMELLO-MESPLOMB, Maître de conférences Université de Metz 
et Sciences Politiques

SOCIO-ECONOMIE DE LA CULTURE
 
                                         
La culture nous intéresse sous l'angle de la prolongation de l'Institution, en tant que moyen permettant à l'Etat de répondre aux attentes de mouvements sociaux divers. Cet intérêt nous amène à travailler sur des thèmes situés aux frontières de disciplines connexes: l'histoire sociale et des mentalités (les mobilisations récurrentes autour de l'Exception culturelle ou de thèmes voisins, les phénomènes de lobbying) et l'histoire des mouvements sociaux de la culture (les années 30 et l'essor des mouvements socioculturels, les origines de l'antiaméricanisme dans les milieux des professionnels de l'audiovisuel).
Il s'agit de répondre aux mêmes questions liées évoquées dans l'axe 1: quelle est la vision culturelle de l'Etat au gré des différentes alternances politiques et quels en sont les signes récurrents ? Mais aussi d'en dégager d'autres, connexes: quels sont les mouvements sociaux qui conduisent l'Etat à élaborer une ou des politiques culturelles ?
Sur le plan méthodologique, l'analyse discursive des mots d'ordre, des appels à la mobilisation pour la défense de la diversité culturelle, enfin la veille sur l'attitude des mouvements sociaux de l'audiovisuel face aux restructurations de l'audiovisuel européen (diversité des positions face à la place de la chaîne privée Canal + dans le dispositif public de soutien, absorption par des multinationales, affaire Vivendi) sont des outils qui permettent de contribuer à l'étude des stratégies de construction des discours médiatiques autour de la culture cinématographique et des phénomènes de cohésion que ces discours entretiennent autour des identités nationales. Cet axe, lié au premier, s'inscrit dans une perspective anthropologique qui trouve place dans la continuation de travaux de théoriciens des discours médiatiques comme Daniel Dayan, Marc Abelès ou Erik Neveu.
 
QUELQUES OUVRAGES DE BASE

  • ANGELO (D'), M. Socio-économie de la musique en France, Paris : La Documentation française, 1997
  • APOSTOLIDÈS, Jean-Marie. Le Roi machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV. Paris, Minuit : «Arguments», 1981.
  • AUTHIER, Michel, et Rémi HESS. L'Analyse institutionnelle. Paris : P.U.F., «Que Sais-je», n° 1968, 1981.
  • BASTIDE, Roger. Art et société. Paris : Payot, «Bibliothèque scientifique», 1977.
  • BASTIEN, François et NEVEU, Erik (dir.) : Espaces publics mosaïques : acteurs, arènes et rhétoriques, des débats publics contemporains, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1999. 
  • BOURDIEU, Pierre. Sur la télévision ; suivi de L'emprise du journalisme, Paris : Liber, collection Raisons d'agir, 1997. 
  • BOURDIEU, Pierre. La Distinction. Critique sociale du jugement. Paris : Minuit, «Sens commun», 1979.
  • BOURDIEU, Pierre, et Dominique SCHNAPPER. L'Amour de l'art. Les musées d'art européens et leur public, Paris : Minuit, 1969.
  • DAYAN, Daniel et KATZ, Elihu : La télévision cérémonielle : anthropologie et histoire en direct, Paris : Presses universitaires de France, collection : La politique éclatée, 1996. 
  • DEBORD, Guy. La Société du spectacle. Paris : Champ libre, 1983.
  • DEMARCY, Richard. Éléments d'une sociologie du spectacle. Paris : U.G.É., «10/18», n° 749, 1973.
  • DUCHET, Claude, éd. 1979. Sociocritique. Paris : Nathan.
  • FLICHY, Patrice : Les industries de l'imaginaire : pour une analyse économique des medias, Grenoble : Presses universitaires de Grenoble , 1991. 
  • GREFFE, X., NICOLAS, M., & ROUET, F. Socio-économie de la culture : la demande du cinéma, Paris, Anthropos, 1991.
  • HALL, Edward T. La Dimension cachée. Paris : Seuil, «Points - Civilisation», n° 89, 1971
    MIEGE, Bernard. Capitalisme et industries culturelles, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1978.
  • PROVONOST, G.Médias et pratiques culturelles, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1996.
  • PROULX, Serge, Accusé de réception, le téléspectateur construit par les sciences sociales, PUL, Québec, 1998.
  • QUERE, L. L'opinion : l'économie du vraisemblale. Introduction à une approche praxéologique de l'opinion publique, Réseaux n° 43, 1990
  • TOURAINE, Alain. La Société invisible. Regards 1974-1976. Paris: Seuil, 1977.
  • Convention de recherche entre le CNRS et le Ministère de la Culture (11/06/2003)
  • Evolución de las prácticas culturales de los franceses
  • Changes in the cultural activities of the French population
  • de la légitimité des médias audiovisuels
  • Marketing et diffusion des produits culturels

 
 
par Le groupe de réflexion publié dans : Bibliographie
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Jeudi 19 juillet 2007
Source : 
http://www.20minutes.fr/article/168519/Culture-Christine-Albanel-n-aime-pas-l-art-contemporain.php

Christine Albanel n'aime pas l'art contemporain?

«Vous n’aimez pas l’art contemporain?», demandait un journaliste de France Inter à Christine Albanel, ministre de la culture, le 29 mai dernier. Et celle-ci répondait: «non». Un «non» qui rappelle le «je ne suis pas un intellectuel» de Nicolas Sarkozy et qui fait affront à l’Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique), Pierre Boulez et, plus loin, à tous ceux qui pratiquent la musique expérimentale.

En guise de riposte, un étonnant quintette a livré, le jour de la fête de la musique, une «sérénade» expérimentale au 182 rue Saint-Honoré, adresse du ministère de la Culture. Le groupe avait décidé de charmer les oreilles de Christine Albanel avec ce concert de «CrackleBox», ces boîtes électroniques à électrodes qui font des sons.



La performance du quintette, baptisé pour l’occasion «Ministry of Kraakdoos», c’est-à-dire ministère des CrackleBox, a duré 40 minutes dont la vidéo n’est «qu’un compte-rendu», dit Emmanuel Rebus, l’un musiciens expérimentateurs.

«Pendant la performance, certains fonctionnaires sont sortis du ministère et nous ont écoutés d’une oreille amusée, raconte Emmnanuel Rebus. C’est resté très bon enfant, nous n’étions pas dans le conflit ni dans l’hostilité. Nous ne critiquons pas réellement la position de Christine Albanel car finalement, elle a le mérite d’être honnête, mais nous voulions faire cet acte symbolique, un peu dans une optique dadaïste.»

Sur le site de ces musiciens peu académiques, on apprend que le quintette n’en est pas à sa première «action sonore». Avant le ministère de la Culture, ils avaient déjà concerté devant le siège d’Areva, numéro un mondial du nucléaire.
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Alice Antheaume


20Minutes.fr, éditions du 04/07/2007 - 12h37

dernière mise à jour : 04/07/2007 - 12h51

par Le groupe de réflexion publié dans : Veille Politique
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Jeudi 19 juillet 2007
Source: 
http://www.ratiatum.com/news5068_Christine_Albanel_favorable_a_la_riposte_graduee.html

Christine Albanel favorable à la riposte graduée
Publié le Mardi 29 mai 2007, à 11H27 (+0200 GMT)
Par Guillaume Champeau

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Elle sera dans la droite lignée de son prédecesseur. La ministre de la Culture Christine Albanel, même si elle semble vouloir user davatange de la concertation, souhaite remettre au goût du jour la solution de riposte graduée rejetée par le Conseil constitutionnel pour lutter contre le piratage via les réseaux P2P...
Ca devait être la grande victoire de Renaud Donnedieu de Vabres après sa défaite législative lorsque les députés ont dans leur majorité adopté un premier volet de la licence globale à la veille de Noël 2005. La "riposte graduée" devait fournir aux autorités une échelle de sanctions en fonction du volume de fichiers échangés sur les réseaux P2P, en systématisant la répression par des "radars automatiques" placés sur les autoroutes de l'information. Mais deux écueils se sont dressés sur la voie tracée par RDDV. D'abord, la CNIL avait interdit en France la chasse systématique des pirates par la captation de leur adresse IP, jugeant la surveillance généralisée des réseaux P2P disproportionnée par rapport à l'objectif visé. Ensuite, le Conseil Constitutionnel avait jugé le dispositif contraire au principe de l'égalité devant la loi pénale, puisqu'il visait spécifiquement les infractions réalisées sur les réseaux P2P et non les infractions au droit d'auteur dans leur ensemble.

A ces deux obstacles qui ont provoqué (entre autres choses) la chute de RDDV s'ajoute un rapport ministériel. Le rapport Cedras, commandé puis enterré par le ministère de la Culture et de la Communication, mais révélé par la Ligue ODEBI, a conclu sans nuance que "l'idée d'une réponse graduée automatique, aussi séduisante qu'elle ait pu apparaître, doit être abandonnée".

Et pourtant.

Christine Albanel veut une riposte graduée sans juge

"La solution de la riposte graduée est aujourd'hui celle du bon sens pour éviter le recours à des sanctions pénales disproportionnées", a indiqué la nouvelle ministre de la Culture citée par Le Figaro. Elle reprend au passage la formule guerrière de "riposte" qui avait été abandonnée par RDDV au profit de la "réponse graduée", plus consensuelle. Elle se félicite que "l'arrêt du Conseil d'?at qui lève l'interdiction mise par la Cnil d'accéder aux fichiers abonnés ouvre une porte [à la négociation contractuelle]" en faveur de la riposte gradée, faisant référence à la décision du Conseil d'Etat du 23 mai 2007.

Car bien consciente sans doute de l'obstacle posé par le Conseil Constitutionnel, Mme Albanel pense avoir trouvé la ruse à travers un accord contractuel entre professionnels du cinéma et fournisseurs d'accès à Internet (elle ne parle ici que du cinéma puisque ses déclarations ont été faites dans le cadre du festival de Cannes). Ce dernier permettrait de contourner la loi, puisqu'il n'y aurait tout simplement plus de loi pour encadrer la chasse aux pirates, mais l'instauration d'une police privée. C'est la fameuse porte ouverte par le Conseil d'Etat. A l'américaine, les sociétés de défense des droits d'auteurs pourraient contacter eux-mêmes les fournisseurs d'accès à Internet et obtenir l'identité des abonnés pour les forcer à signer un accord amiable plutôt que de passer devant monsieur le Juge. Un protocole d'accord entre FAI et professionnels du cinéma permettrait d'assurer l'effectivité du système, tandis que la CNIL dont le rôle est de protéger la vie privée des internautes n'aurait pas son mot à dire, décision du Conseil d'Etat oblige.

Le président de Gaumont Nicolas Seydoux (qui est aussi le président de l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle, ALPA) veut tout de même une loi", "au moins pour garantir au fournisseur d'accès qui ira jusqu'à réduire le débit ou arrêter le contrat pour cause de piratage récurrent de son abonné, qu'il ne le perde pas au profit d'un concurrent plus laxiste".

Plus encore que sous l'ère RDDV, il faudra redoubler de viligeance si l'on ne souhaite pas que l'internet devienne une zone de non droit sous l'ère Albanel. Une zone de non droits de la défense.
par le groupe publié dans : Veille Politique
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Lundi 9 juillet 2007
http://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2007/06/blog-en-friche.html

27 juin, 2007

Blog en friche

 

Gros coup de fatigue, procès de "Présent" à préparer d'urgence, emprise du quotidien... J'ai laissé ce blog en friche ces derniers temps. Je vais essayer de donner des informations plus régulières désormais.

Pour mémoire : "Présent" est poursuvi dans une affaire d'art contemporain pour diffamation envers Henry-Claude Cousseau, directeur des Beaux-Arts et responsable, en 2000, de l'exposition "Présumés innocents" à Bordeaux. Expo qui lui a valu une mise en examen en raison du caractère scandaleux de certaines œuvres mettant en scène des enfants. C'est une grosse affaire car l'art contemporain est un vecteur important de la culture de mort.

 
par Le groupe de réflexion publié dans : L'Art en Procès
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Vendredi 29 juin 2007
source: http://laviecommeelleva.blog.20minutes.fr/archive/2006/11/25/une-petition-de-soutien-a-henry-claude-cousseau.html

samedi, 25 novembre 2006

Une pétition de soutien à Henry-Claude Cousseau

Dans son édition de jeudi le journal Le Monde revient sur la mise en examen d'Henry-Claude Cousseau, en tant qu'ancien directeur du CAPC de Bordeaux (voir mon précédent post) qui a provoqué une légitime levée de boucliers.

Artistes, historiens d'art, enseignants, galeristes, conservateurs de musées, chercheurs, critiques s'unissent et lancent un appel intitulé "Nos libertés, nos droits". C'est la critique d'art Catherine Strasser qui a lancé cette pétition le 18 novembre dernier, avec des artistes et des enseignants des Beaux-Arts de Paris Didier Semin et Emmanuel Saulnier, ainsi que François Barré, ancien président du Centre Georges Pompidou.

VOICI LE TEXTE DE CET APPEL


NOS LIBERTÉS - NOS DROITS

Nous tous, artistes, chercheurs, créateurs, intellectuels, diffuseurs, travaillant dans le domaine des arts, nous alarmons aujourd’hui des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée, de création et d’expression. La mise en examen de Henry-Claude Cousseau, Conservateur général du Patrimoine, ancien Chef de l’Inspection générale des Musées de France, ancien Directeur des Musées de la Ville de Nantes, ancien Directeur des Musées de la Ville de Bordeaux, Directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, historien de l’art renommé, des chefs de : DIFFUSION DE MESSAGE VIOLENT, PORNOGRAPHIQUE OU CONTRAIRE À LA DIGNITÉ, ACCESSIBLE À UN MINEUR : DIFFUSION DE L’IMAGE D’UN MINEUR PRÉSENTANT UN CARACTÈRE PORNOGRAPHIQUE, comme ancien Directeur du CAPCMusée d’art contemporain ayant présenté l’exposition Présumés innocents : l’art contemporain et l’enfance en 2000 à Bordeaux, nous concerne tous et nous lui exprimons notre soutien. Alors que les media, la publicité et tous leurs supports urbains utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des œuvres d’art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent. Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen car la liberté est un bien commun et la création artistique, l’inaliénable expression d’une culture. Signataires de cet appel nous affirmons notre entière solidarité à Henry-Claude Cousseau. 
Si vous souhaitez vous joindre à cet appel, indiquez vos :  nom, qualité, ville. Et renvoyez ceci à l’adresse suivante :
 noslibertes-nosdroits@aliceadsl.fr
par Le groupe de réflexion publié dans : L'Art en Procès
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